
Soyons honnêtes : le dialecte suisse allemand n’est pas très populaire auprès des francophones. Sa mélodie aux intonations abruptes a de quoi repousser plus d’un Romand qui souhaite traverser la barrière de röstis. Néanmoins, nous souhaitons clarifier ci-après pourquoi ce dialecte devrait être appris (ou tout du moins compris) en vue d’une intégration réussie en Suisse allemande.
Allemand standard vs suisse allemand
Qui n’a jamais entendu dire que l’allemand standard suffisait pour interagir en Suisse allemande ? Cette langue, qui est enseignée à l’école, est la langue officielle la plus parlée de Suisse. Mais est-elle justement vraiment parlée ? Non, et c’est bien ça le problème.
La langue nationale suisse officielle la plus répandue, l’allemand, n’est pas parlée par la population. D’un côté, les Romands doivent l’apprendre (non sans difficulté) pour espérer se faire comprendre par un Suisse allemand. De l’autre côté, les Suisses allemands doivent aussi l’apprendre à l’école et l’écouter dans les médias. Sans pour autant la pratiquer à l’oral entre eux.
C’est tout le peuple qui se retrouve donc frustré. En tant que francophone qui débarque en Suisse alémanique, qui n’a jamais ressenti cette déception de réaliser que ces heures pénibles d’enseignement de l’allemand standard ne servent pas beaucoup pour s’intégrer en Suisse allemande ? Et que les Suisses allemands détestent bien souvent s’exprimer en allemand standard ?
Bien sûr, une certaine base d’allemand standard est très utile : le suisse allemand s’inspire quand même fortement de l’allemand. Notamment au niveau de la grammaire. Mais dès qu’il s’agit d’interactions orales (ce qui représente quand même la base pour s’intégrer socialement), c’est le suisse allemand qu’il faut comprendre.
L’utilisation unique de l’allemand standard fait office de compromis pour se comprendre. Mais elle semble au final compliquer la situation de tout le monde. La cohésion de la Suisse s’en trouve menacée, car peu sont prêts à cet effort pour aller à la rencontre de l’autre.
Pourquoi ne pas apprendre le suisse allemand ?
Si l’enseignement de l’allemand standard était complémenté par un apprentissage des bases du suisse allemand, la cohésion nationale n’en ressortirait pas renforcée ? Si, certainement. Le dialecte suisse allemand existe, il se vit et se parle. Le nier et faire comme s’il n’était pas important (bien souvent en argumentant qu’il existe trop de dialectes différents) a comme conséquence de renforcer la barrière qui existe déjà entre Suisse romande et Suisse alémanique. Et c’est bien dommage.
D’autant plus que la Suisse est un si petit pays. Des ponts peuvent se faire facilement pour permettre aux deux côtés du « Röstigraben » d’aller à la rencontre de l’autre et de sa langue. C’est comme ça que chacun trouvera la motivation d’apprendre. En voyant qu’une langue est parlée, qu’elle vit et qu’elle est nécessaire pour s’intégrer et s’enrichir.
Les francophones verront alors que le « manchmal » appris à l’école devient « mängisch », ou que « die Wohnung » devient « d’Wohnig ».
Mais apprendre les bases du suisse allemand, c’est aussi avoir la curiosité de faire un pas vers la culture de son voisin. Et en apprendre davantage sur l’identité suisse.
Apprendre avec suisseallemande.ch
Notre plateforme suisseallemande.ch s’est construite sur la base du constat suivant : il existe très peu de ressources à disposition pour l’apprentissage du suisse allemand (le système étatique et scolaire semblant considérer que l’allemand suffit). Nous voulons donc pallier à ça et proposer une façon simple et pratique d’apprendre les bases du suisse allemand.
Car nous sommes persuadés que la compréhension du suisse allemand facilite l’intégration en Suisse allemande. Et au final, la cohésion nationale en ressort renforcée, car la barrière de la langue est affaiblie.

